Mémoire de maîtrise (2020)
Résumé
Le cancer étant l'une des premières causes de décès dans les pays développés, les chercheurs doivent continuer à mettre au point de nouvelles stratégies eÿcaces pour traiter les patients. De nombreux traitements couramment utilisés agissent souvent sur des processus cellulaires de base, entraînant des e˙ets secondaires et nuisant à la qualité de vie du patient. En outre, ces médicaments ont souvent des fenêtres thérapeutiques très étroites et, en raison de leur mode d'administration, leur concentration initiale dépassera le seuil de toxicité. Les stratégies récemment développées pour répondre à ces problèmes sont la combinaison d'une administration contrôlée et ciblée des médicaments, visant un traitement localisé avec un dosage plus faible libéré sur une plus longue période. D'autre part, l'électrofilage et l'électronébulisation sont des méthodes qui suscitent un intérêt croissant pour la fabrication de composés pharmaceutiques. Ces techniques partagent une configuration simple qui permet une grande polyvalence, permettant même l'électrofilage de plusieurs solutions à la fois, en électrofilage coaxial. Cette caractéristique permet d'obtenir des particules noyau-enveloppe en une seule étape, di˙éremment de la plupart des méthodes actuellement employées pour ce faire. Ce projet vise à utiliser la technique d'électronébulisation pour concevoir et tester un vecteur d'administration de médicaments. La littérature a été examinée afin de trouver un agent pharmaceutique présentant un profil de toxicité qui nécessiterait le plus une libération pro-gressive, in situ. En fait, le médicament choisi, doxorubicin (DOX), est connu pour aug-menter les risques de cardiomyopathies à long terme, même à très faible dose. Le délai et les conditions les plus appropriés pour l'administration ont ensuite été recherchés, afin de comprendre les exigences que le matériau de piégeage devrait avoir. Cela a abouti au choix d'un copolymère 50/50 poly(lactic-co-glycolic acid) (PLGA), qui serait capable de perdre lentement de la masse et de libérer le médicament sur une période de trois à quatre semaines. Afin de réduire les coûts et les risques, l'ibuprofène a été choisi comme médicament test lors des étapes préliminaires des travaux. L'optimisation du processus d'électronébulisation, par un mélange d'analyse de la littérature et d'essais et erreurs, a permis d'obtenir des particules de 598 ±286 nm. Malheureusement, les expériences se sont arrêtées lorsque les mesures contre le Covid-19 ont été mises en place et une fois l'accès aux laboratoires rétabli, les conditions environnementales ont changé et les paramètres optimisés n'ont pas donné les mêmes résultats. Après une phase de tests visant à rétablir les conditions idéales pour les paramètres optimisés, la production a été transférée dans une installation di˙érente, équipée d'un système capable de surmonter les problèmes. Grâce aux connaissances acquises lors de la précédente optimisation, des particules de 685,9±286 nm ont été rapidement produites, permettant au projet de passer à la phase suivante. La dégradation du polymère et l'administration du médicament ont été caractérisées par une série de tests qui ont consisté à immerger deux groupes d'échantillons de particules pendant 28 jours, un groupe dans une solution de PBS avec un pH de 7.4, l'autre dans une solution similaire avec un pH de 6.6, afin d'imiter l'environnement acide que l'on trouve dans les tissus cancéreux. Le pH des échantillons, ainsi que leur perte de poids, ont été suivis au fil des semaines, tandis que des spectres FTIR étaient acquis pour caractériser la libération du médicament et que les échantillons étaient mis de côté pour être lyophilisés et observés plus tard avec MEB. La baisse du pH a permis de confirmer la dégradation du PLGA. L'observation avec le MEB a montré que les particules avaient formé des agglomérats en PBS. En ce qui concerne l'administration du médicament, la présence d'agglomérats plus gros a certainement retardé le délai prévu. Si ces tests ont permis d'avoir une première idée du comportement des particules, plusieurs problèmes rencontrés ont mis en évidence la nécessité de les répéter afin de fournir un aperçu beaucoup plus précieux des structures produites. Enfin, les travaux présentés ici ont permis de tester la faisabilité de l'utilisation de la technique d'électro-pulvérisation coaxiale comme autre moyen de produire des particules nanométriques cœur-enveloppe. Deux questions principales ont permis de conclure que cette technique pourrait être mieux appliquée à l'échelle micrométrique. En e˙et, si les particules peuvent être obtenues à plus petite échelle, le processus d'optimisation peut être long et il peut y avoir des concessions à faire en ce qui concerne leur morphologie. En outre, le rendement a tendance à être très faible et devrait certainement être amélioré pour être compétitif dans un cadre industriel.
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