Mémoire de maîtrise (2010)
Résumé
Jusqu'à présent, la production industrielle du polylactide (PLA) en Amérique du Nord repose essentiellement sur la culture du maïs, qui est une ressource renouvelable. Toutefois, certaines problématiques, tels que la surexploitation des terres arables, la hausse du prix des céréales et l'usage abusif de fertilisants chimiques, ont été soulevées face à la production du maïs, surtout en ce qui a trait à son utilisation autre qu'alimentaire. Les déchets agroalimentaires seraient une alternative attrayante au maïs, de par leur riche contenu en carbohydrates, leur composition stable et leur disponibilité. Ainsi, ils représentent un potentiel de valorisation de déchets pour la synthèse du polylactide. Les eaux usées de l'industrie de transformation de la pomme de terre font partie de cette alternative. Durant la coupe des pommes de terre, un débit d'eau enlève l'excès d'amidon. Cet amidon peut être récupéré par centrifugation. NatureWorks LLC, une division de Cargill, possède la seule usine à grande échelle pour la production commerciale de PLA. L'acide lactique produit par Cargill est obtenu par la fermentation de dextrose (D-glucose) provenant de l'hydrolyse d'amidon de maïs. L'utilisation d'une bacteria lactique ayant des propriétés amylolytiques, c'est-à-dire pouvant hydrolyser ellemême l'amidon, permettrait de réduire les étapes de production du polylactide. Lactobacillus amylophilus, qui est homofermentaire, amylolytique et non-pathogénique, a été ciblé comme candidate potentielle pour la production d'acide lactique par fermentation. Une analyse du cycle de vie (ACV) comparative de type berceau à la porte de l'usine (« cradleto- gate ») a été réalisée afin d'évaluer les possibles bénéfices environnementaux qui pourraient découler de la production du polylactide via la fermentation directe d'un résidu d'amidon, récupéré des eaux usées d'une usine de production de croustilles, avec L. amylophilus. Cette étude environnementale a été menée en comparant les impacts de cette méthode de production de l'acide lactique à celle d'un procédé conventionnel à partir de dextrose de maïs. Préliminairement à cette étude, des expérimentations en laboratoire ont été réalisées et ont démontré la faisabilité microbiologique de produire de l'acide lactique avec ce déchet et L. amylophilus. Les pourcentages d'acide lactique obtenus par la fermentation d'un milieu synthétique de glucose, d'amidon de patate commercial et de résidu d'amidon ont été comparés. L'analyse des résultats de l'ACV ont démontré que le polylactide produit à partir de ce résidu de la pomme de terre, et dont le procédé de production d'acide lactique a subi entre autre une optimisation adéquate de sa consommation énergétique pourrait avoir des impacts environnementaux au moins équivalents à ceux du polylactide produit via le procédé conventionnel. Cette analyse du cycle de vie a permis de soulever que l'utilisation de vapeur lors de la concentration de l'acide lactique est un processus qui contribue de façon considérable aux impacts sur les ressources et les changements climatiques du polylactide. Ainsi, une fermentation menant à une concentration plus faible d'acide lactique requière une optimisation énergétique accrue. Le peu de publications existantes sur L. amylophilus et l'inaccessibilité aux données industrielles furent partie des contraintes rencontrées pour ce projet.
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