Mémoire de maîtrise (2012)
Résumé
Introduction et objectifs La déficience visuelle, qui est définie par la perte totale ou partielle de la vision, n'est actuellement pas médicalement traitable. Des approches biomédicales modernes sont utilisées pour stimuler électriquement la vision; ces approches peuvent être divisées en trois groupes principaux: le premier ciblant les implants rétiniens Humayun et al. (2003), Kim et al. (2004), Chow et al. (2004); Palanker et al. (2005), Toledo et al. (2005); Yanai et al. (2007), Winter et al. (2007); Zrenner et al. (2011), le deuxième ciblant les implants du nerf optique Veraart et al. (2003), Sakaguchi et al. (2009), et le troisième ciblant les implants intra-corticaux Doljanu et Sawan (2007); Coulombe et al. (2007); Srivastava et al. (2007). L'inconvénient principal des deux premiers groupes, c'est qu'ils ne sont pas suffisamment génériques pour surmonter la majorité des maladies de déficience visuelle, car ils dépendent du fait que le patient doit avoir un nerf optique intact et/ou une rétine partiellement opérationnelle ; ce qui n'est pas le cas pour le troisième groupe. L'équipe du Laboratoire Polystim Neurotechnologies travaille actuellement sur un implant intra-cortical qui stimule directement le cortex visuel primaire (région V1) ; le nom du projet global est Cortivision. Le système utilise une caméra, un module de traitement d'image, un transmetteur RF (radiofréquence) et un stimulateur implantable. Cette méthode est robuste et générique car elle contourne l'oeil et le nerf optique. Un des défis majeurs est le traitement d'image nécessaire pour «simplifier» les données antérieures à la stimulation, l'extraction de l'information utile en écartant les données superflues. Les pixels qui sont capturés par la caméra n'ont pas de correspondance un-à-un sur le cortex visuel comme dans une image rectangulaire, ils sont plutôt mis en correspondance avec une carte complexe de «phosphènes» Coulombe et al. (2007); Srivastava et al. (2007). Les phosphènes sont des points lumineux qui apparaissent dans le champ de vision du patient quand le cerveau est stimulé électriquement. Ces points changent en terme de taille, de luminosité et d'emplacement en fonction de la façon dont la stimulation électrique est effectuée (c'est à dire un changement dans la fréquence, la tension, la durée, etc. ...) et même par le placement physique des électrodes dans le cortex visuel. Les approches actuelles visent à stimuler des images de phosphènes monochromes à basse résolution. Sachant cela, nous nous attendons plutôt à une vision de faible qualité qui rend des activités comme naviguer, interpréter des objets, ou encore lire, difficile pour le patient. Ceci est principalement dû à la complexité de l'étalonnage de la carte phosphène et sa correspondance, et aussi à la non-trivialité de savoir comment simplifier les données à partir des images qui viennent de la camera de façon qu'on conserve seulement les données pertinentes. La Figure 1.1 est un exemple qui démontre la non-trivialité de transformer une image grise en stimulation phosphène.
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