Mémoire de maîtrise (2018)
Résumé
L'imagerie de fond d'oeil permet l'observation non-intrusive des structures anatomiques de la rétine. Ces images sont singulièrement très informatives pour évaluer le risque d'apparition de pathologies oculaires, cardiovasculaires ou cérébrovasculaire, dont le dépistage et le traitement préventif sont des défis majeurs de la médecine contemporaine. Plus particulièrement, les anomalies de la micro-vasculature rétienne sont des symptômes connus pour présager de ces maladies. L'extraction automatique et fiable de cette vasculature est donc une étape importante vers la conception d'un algorithme de diagnostique automatique convoité par les cliniciens. L'extraction de la vasculature rétinienne nécessite l'exécution de deux opérations : d'une part la segmentation des vaisseaux de la rétine, et d'autre part leur classification entre artérioles et veinules. La revue de littérature sur ces deux tâches révèle que les réseaux de neurones convolutifs sont très souvent utilisés pour effectuer la segmentation des vaisseaux, mais presque toujours absents des méthodes de classification vasculaire. En effet, les méthodes de classification les plus performantes appliquent toutes le même protocole : grâce aux outils de la théorie des graphes, elles reconstruisent l'arbre vasculaire rétinien à partir de sa carte de segmentation. Ensuite, un classificateur rudimentaire établi une première labellisation artère/veine pour chaque pixel appartenant à vaisseau. Enfin, ces labels sont moyennés, corrigés et propagés à travers le graphe de l'arbre vasculaire afin que chacun de ses segments soit étiqueté. Ce protocole imite en fait la démarche des cliniciens lorsqu'ils annotent les images de fond d'oeil. En effet, mis-à-part les plus gros vaisseaux, il est souvent difficile, voire impossible, de distinguer une artériole d'une veinule simplement par son apparence. Par conséquent, les cliniciens annotent d'abord les vaisseaux larges émergeant du disque optique en fonction de leur couleur (les veinules sont plus foncées que les artérioles) puis suivent ces vaisseaux à travers les bifurcations et les croisements en propageant les labels vers les terminaisons vasculaires. Pour résoudre les bifurcations et les croisements, les méthodes de classifications vasculaires automatiques reposent en général sur des connaissances a priori de l'anatomie des vaisseaux rétiniens formulées sous forme de règles topologiques. Cependant, ces règles ne peuvent pas tenir compte des anomalies de la vasculature rétinienne, puisque ces dernières en sont précisément les exceptions. Ainsi, parce qu'elles sont particulièrement peu robustes aux anomalies de la vasculature rétinienne, ces méthodes sont mal adaptées pour l'analyse d'image de rétines pathologiques.
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