Thèse de doctorat (2016)
Résumé
Cette thèse vise à explorer le rôle et l'impact de la collaboration au niveau des activités liées à la protection de la propriété intellectuelle par le biais de brevets sur la « qualité » de ces derniers dans les domaines de la biotechnologie et de la nanotechnologie au Québec. Nous examinons ici plusieurs mesures ou proxy normalement associés à la « qualité » des brevets. La thèse vise à répondre à la question suivante : Existe-t-il des associations possibles entre les attributs de la collaboration université/industrie et la qualité d'un brevet? Le réseau de collaboration regroupe des scientifiques œuvrant au sein des universités et des industries (Motohashi & Muramatsu, 2012). De plus, la propriété de brevets d'origine “universitaire” par les entreprises est souvent considérée comme l'un des canaux essentiels des liens université-industrie (Bray & Lee, 2000; Bulut & Moschini, 2009; Y. Wang, Hu, Li, Li, & Li, 2015; Y. Wang, Huang, Chen, Pan, & Chen, 2013; Y. Wang, Pan, Chen, & Gu, 2013). Selon des études exploratoires antécédentes en matière de brevets et de propriété intellectuelle, on recense relativement peu d'articles portant sur l'impact des réseaux de collaboration sur les activités de brevetage et sur la « qualité » des brevets au Canada. Dans cette thèse, nous examinons l'impact de ces réseaux, représentés par les liens entre des inventeurs et détenteurs de brevets avec les universités et les entreprises. Des facteurs tels le financement, le nombre d'années d'expérience de l'inventeur, les caractéristiques des réseaux de co-invention et de co-publication sont considérés afin d'estimer la « qualité » des brevets issus de la collaboration université/industrie au Canada. Sterzi (2013) a constaté que les brevets universitaires appartenant à des entreprises sont d'une qualité supérieure lorsqu'ils sont initialement assignés aux universités. Cette thèse vise donc aussi à mesurer l'impact des divers types de cessionnaires de brevets sur la « qualité » de ceux-ci, tout en considérant les liens université-entreprise. Nos travaux ont étudié la « qualité » des brevets générés par les inventeurs universitaires au Canada et qui ont été assignés à une université ou au gouvernement et les ont comparés à la qualité des brevets détenus uniquement par l'industrie. La première question que cette thèse aborde est la suivante: les brevets qui sont générés par au moins un inventeur issu du milieu universitaire (résidant au Canada) et assignés à une université sont-ils d'une « qualité » moindre que ceux appartenant seulement à une entreprise? Également, en considérant le rôle du gouvernement en tant qu'entité du secteur public, nous posons la seconde question suivante : les brevets qui sont générés par au moins un inventeur issu du milieu universitaire (résidant au Canada) et assignés au gouvernement sont-ils d'une « qualité » moindre que ceux appartenant seulement à une entreprise? Nous posons également des questions similaires afin de mesurer l'impact des cessionnaires gouvernementaux et universitaires sur la « qualité » des brevets, afin de comparer les impacts des cessionnaires publics par rapport aux cessionnaires industriels sur la « qualité » de l'invention. En outre, cette thèse cherche à expliquer comment les caractéristiques spécifiques des inventeurs influencent la qualité des brevets issus de la collaboration université/industrie. Par conséquent, cette thèse vise également à répondre à la question suivante : comment les caractéristiques des chercheurs affectent leur capacité à générer des brevets de meilleure « qualité »? Des variables telles que le nombre d'années d'expérience et la collaboration avec de prestigieux inventeurs détendeurs de brevets sont considérées. De plus, nous avons observé l'impact des caractéristiques du réseau de co-invention et de co-publication sur la « qualité » des brevets. Nous avons donc mesuré si les brevets générés par les inventeurs situés dans des réseaux de co-inventeurs ou de co-auteurs très centraux sont d'une « qualité » supérieure à celle des brevets générés par les inventeurs moins centraux. En outre, cette recherche vise à déterminer si les brevets issus d'une combinaison brevet-article ou d'une combinaison brevet-subvention sont d'une « qualité » supérieure à ceux qui n'ont pas de telles combinaisons, soit des articles et brevets publiés par les mêmes équipes sur les mêmes thèmes de recherche et objets d'application. Pour évaluer l'impact des attributs de la relation université-industrie sur la « qualité » des brevets, notre méthodologie consiste en l'estimation de régressions binomiales négatives classiques et à zéro-augmenté, Tobit, et à variables instrumentales pour les moindre carrés ordinaires (2SLS) afin de prendre en considération l'endogénéité potentielle de nos modèles. Nos mesures ou proxy de la « qualité » des brevets comprennent le nombre de citations, le nombre de revendications, un indice de type Herfindahl des citations en amont, et un indice de type Herfindahl des citations en aval. Ce type d'indice mesure la diversité des documents cités par un brevet en particulier et la diversité des brevets qui citent ce brevet. Nos résultats montrent que les brevets générés par au moins un inventeur universitaire et appartenant au secteur public (gouvernement et université) citent une moins grande diversité de documents et sont moins cités que ceux issus du secteur privé (industriels). Nos résultats montrent aussi que les brevets détenus par les institutions publiques sont moins diversifiés que les brevets détenus par le secteur privé. Par conséquent, les brevets attribués aux firmes sont susceptibles d'avoir obtenu plus de citations que les brevets de sources publiques (Popp, 2006; Popp, Santen, Fisher-Vanden, & Webster, 2013). Nos résultats sont cohérents avec les études antérieures de Popp (2006) and Popp et al. (2013). Nous avons utilisé la méthode « fréquence de termes et fréquence de documents inverse » (TF-IDF) qui est une technique d'exploration de données classique permettant de mesurer la similitude entre les différentes combinaisons de paires de brevets et d'articles, afin d'identifier les paires brevet-article que nous allons utiliser. Nos résultats démontrent que l'impact des paires brevet-article sur la « qualité » des brevets est négatif pour les variables nombre de citations et nombre de revendications. De même, nous avons utilisé la méthode TF-IDF pour mesurer la similitude des brevets et des subventions pour trouver les paires brevet-subvention. Nos résultats suggèrent qu'il n'y a un effet négatif des paires brevet-subvention sur le nombre de citations. Cependant, les paires brevet-subvention affectent positivement l'indice Herfindahl des citations obtenues. Mots clés : collaboration université–industrie, qualité des brevets, propriété des brevets, cessionnaires universitaires, cessionnaires gouvernementaux, cessionnaires industriels, paires brevet-article, paires brevet–subvention, biotechnologie, nanotechnologie
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