Charles-Hubert Lafantaisie-Favreau
Mémoire de maîtrise (2011)
Résumé
Les lésions du cartilage articulaire sont très répandues et engendrent des douleurs intenses ainsi que des pertes de fonction au niveau des articulations. Les lésions du cartilage articulaire s'avèrent en plus être une des pathologies du corps humain qui sont les plus difficiles à traiter. Le cartilage est un tissu avasculaire contenant peu de cellules, ce qui lui confère des propriétés de régénérescence intrinsèque très faibles. Son architecture complexe de collagène et de protéoglycanes lui confère des propriétés de résistance aux compressions et d'élasticité avantageuses, mais les tissus de réparation typiquement formés suite à la réparation d'une lésion ne répliquent souvent pas la composition exacte du cartilage articulaire, ni l'organisation de sa matrice extracellulaire. Les tissus de réparation autologues sont donc mécaniquement inférieurs aux tissus sains, ce qui se traduit par une perte de stabilité de l'articulation qui peut mener à des douleurs, à des pertes de mobilité et même à la dégénérescence chronique du joint synovial. En effet, les lésions qui ne sont pas traitées adéquatement dégénèrent souvent en arthrose. Le développement de nouvelles thérapies pour la régénérescence du cartilage est donc une priorité. Afin de traiter des lésions focales du cartilage articulaire, plusieurs traitements sont disponibles. Par exemple, l'implantation de chondrocytes autologues a un taux de succès élevé, mais constitue un traitement coûteux qui requiert un minimum de deux chirurgies. De plus, une étude clinique n'a démontré aucun avantage clinique par rapport aux techniques de stimulation de la moelle osseuse. Ces techniques consistent en la perforation de trous au sein de la lésion préalablement débridée jusqu'à l'os sous-chondral afin de causer le saignement de l'articulation et ainsi permettre aux cellules souches de la moelle osseuse d'accéder au cartilage. Malgré les avantages de cette technique, le tissu de réparation est souvent un tissu de type fibrocartilagineux, ce qui le rend moins résistant aux charges mécaniques. Il a aussi été démontré que les patients âgés répondaient beaucoup moins bien à ces techniques. Afin de pallier les réponses de réparation cartilagineuse de ces traitements qui sont inadéquates, notre laboratoire a développé un implant hybride de chitosane, un polymère naturel biodégradable et biocompatible, de glycérol phosphate (GP) et de sang autologue. La solidification de l'implant est ainsi causée par la coagulation du sang contenu dans l'implant. Cet implant permet de stabiliser le caillot sanguin sur des trous chirurgicaux perforés par microfracture ou par perçage. Plusieurs études pré-cliniques ont été faites et concluent que les
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