Intégration de sources énergétiques non conventionnelles : cas de la Ville de Montréal

Vincent Laroche

Mémoire de maîtrise (2021)

Accéder à ce document
Disponible
Libre accès au texte intégral dans PolyPublie
Texte Texte • 49MB •

Résumé

En 2013, la Ville de Montréal a identifié certaines actions à entreprendre afin de réduire ses émissions de gaz à effet de serre, dont le remplacement des systèmes de chauffage et de climatisation au mazout et au gaz naturel de son parc immobilier par une énergie moins polluante. Dans cette perspective, l'idée de chauffer ou climatiser les bâtiments à l'aide de la géothermie a été énoncée. Cependant, les systèmes géothermiques conventionnels (puits en boucles fermées ou ouvertes) ne sont pas adaptés au contexte urbain particulièrement dense ou aux paramètres hydrogéologiques de l'île de Montréal. Il a donc été proposé d'identifier différentes sources d'énergie non conventionnelles propices aux conditions de la région de Montréal. Grâce à la réalisation d'une revue de littérature, les sources énergétiques choisies étaient : les eaux usées ; les lignes de métro ; les eaux de surface et les puits à colonne permanente. L'objectif principal de cette recherche était donc de caractériser et de quantifier le potentiel d'implantation dans le parc immobilier existant de la Ville de Montréal des différentes sources d'énergie non conventionnelles identifiées. Cependant, un aspect communément négligé lors de la conception de systèmes géothermiques concerne l'interférence entre les structures souterraines. À long terme, celle-ci peut entraîner une perte de durabilité et d'efficacité des systèmes géothermiques et très peu d'analyses ont été effectuées afin de quantifier les risques d'interférences. Afin d'optimiser la caractérisation du potentiel d'implantation, il était également nécessaire d'examiner l'influence à long terme de l'exploitation des différentes technologies et, plus spécifiquement, celle avec le meilleur potentiel d'implantation dans la municipalité. Ainsi, les objectifs spécifiques de ce travail étaient donc d'identifier les sources énergétiques, de caractériser les bâtiments potentiels, de déterminer les conséquences et les risques d'interférences thermique et hydraulique de l'exploitation des technologies et, enfin, de mettre en place des lignes directrices pour la réalisation de projets pilotes. Suite à la revue de littérature sur les technologies non conventionnelles, les caractéristiques énergétiques des bâtiments du parc immobilier de la Ville de Montréal ont été établies. Sur l'ensemble des immeubles appartenant à la municipalité, 250 bâtiments utilisent une énergie fossile (gaz naturel, mazout, propane, etc.) et bénéficieraient d'une conversion vers une source énergétique moins polluante. Suite à cette identification, l'élaboration d'une vaste cartographie numérique a été réalisée. Celle-ci intègre, entre autres, plusieurs paramètres géologiques, hydrologiques et hydrogéologiques ainsi que les caractéristiques énergétiques et géographiques des bâtiments identifiés de la Ville. La mise en oeuvre de cette carte a été conçue pour caractériser les zones potentielles et les bâtiments les plus propices à une conversion énergétique, et ce, afin de quantifier le potentiel de conversion. Les résultats démontrent que les systèmes de puits à colonne permanente sont les systèmes les plus facilement déployables sur l'île de Montréal, la proximité de la source et le faible espace nécessaire à l'installation augmentant fortement leur potentiel d'implantation. Les systèmes de récupération énergétique depuis les eaux usées présentent également un bon potentiel d'implantation. Cependant, les systèmes de récupération depuis les eaux de surface et dans les tunnels de métro, démontrent un potentiel moindre que les deux autres technologies, expliqués par les larges distances entre les bâtiments et leur source énergétique. Suite à la cartographie, un modèle tridimensionnel semi-régional par éléments finis a ensuite été construit avec le logiciel Comsol Multiphysics afin de simuler le comportement thermique et hydraulique de l'installation d'un système de puits à colonne permanente sur un bâtiment de la municipalité. L'objectif de cet exercice était de caractériser les interférences entre les différents systèmes afin de mieux cartographier les possibilités d'implantation de cette technologie. Le choix du bâtiment s'est arrêté sur le Centre Père-Marquette, situé dans l'arrondissement Rosemont-la-Petite-Patrie, qui présente un fort potentiel de conversion énergétique. Conjointement, quatre autres systèmes ont été ajoutés de façon à augmenter l'interférence sur le domaine régional. Au total, cinq systèmes géothermiques, quatorze puits à colonne permanente et cinq puits d'injection ont été modélisés. Les résultats ont indiqué la viabilité des cinq systèmes sur dix années de simulation, et ce, sans dégradation notable des performances des puits à colonne permanente. Ils ont également démontré que les modifications thermiques ont une portée plus large et importante que les altérations hydrauliques. En outre, les modifications provoquées par bâtiments étaient significativement plus importantes que celles provenant des puits géothermiques. Les résultats ont aussi démontré que les risques d'interférence entre les systèmes sont possibles, mais restent limités. Il serait toutefois souhaitable de positionner les puits d'injection le plus loin possible des puits à colonne permanente. L'analyse a également confirmé que l'exploitation des systèmes de puits à colonne permanente dans un contexte urbain serait viable à court et à long terme. L'exploitation de systèmes plus petits, tels que les bâtiments résidentiels, entraîne des changements minimes aux régimes thermique et hydraulique, tandis que les systèmes plus larges devraient être dimensionnés et positionnés avec plus de précautions. Finalement, suite aux conclusions de l'analyse numérique, une cartographie finale présentant les résultats de localisation des bâtiments aux meilleurs potentiels pour chacune des technologies étudiées a été réalisée. La cartographie régionale établie dans le cadre du travail devrait être complétée par des études de précision à l'échelle locale.

Programme:
Génie minéral
Directeurs ou directrices:
Adresse URL de PolyPublie:
Université/École:
Polytechnique Montréal
OAI:
oai:publications.polymtl.ca:6323
ORCID
Date du dépôt:
14 juil. 2021 10:46
Dernière modification:
14 oct. 2026 10:46
Citer en APA 7:
Laroche, V. (2021). Intégration de sources énergétiques non conventionnelles : cas de la Ville de Montréal [Mémoire de maîtrise, Polytechnique Montréal]. PolyPublie. https://publications.polymtl.ca/6323/

Statistiques

Total des téléchargements à partir de PolyPublie

Téléchargements par année

Provenance des téléchargements

Actions réservées au personnel

Afficher document
Afficher document