Mémoire de maîtrise (2020)
Résumé
L'unité des soins intensifs du CHU Sainte-Justine a un fonctionnement particulier, tout d'abord par ses ratios infirmiers (1 pour 1 ou 1 pour 2), mais surtout pour son organisation spatiale. Sur les 32 chambres qui composent l'unité, certaines sont reliées deux à deux par des alcôves permettant aux infirmières d'avoir une vue sur deux chambres simultanément. Ainsi, lorsqu'une infirmière est en charge de deux patients, ceux-ci doivent se trouver dans des chambres reliées par la même alcôve. Cette disposition permet aux infirmières de diminuer leurs déplacements, mais implique de nombreux transferts de lits intra-unité qui pèsent énormément sur les soins intensifs de par l'intervention de différents membres du personnel hospitalier (AICs, infirmières, préposés aux bénéficiaires etc.). Les modèles d'affectation des patients aux chambres et des patients aux infirmières sont communs dans la littérature, mais notre étude s'en différencie en proposant une méthode répondant simultanément à ces deux problèmes et en intégrant la notion de transferts de lits comme paramètre de décision. Dans le cadre de ce projet, nous avons débuté par réaliser des observations dans l'unité afin de mieux comprendre son fonctionnement et les processus d'affectation et de transfert. Nous avons alors remarqué qu'en considérant que chaque transfert avait un poids différent et en anticipant les entrées et les sorties, il était possible de diminuer l'impact des transferts sur les SIP. Ainsi, nous avons proposé deux nouvelles méthodes d'affectation des patients basées sur les pistes d'amélioration identifiées. Ces modèles se sont notamment appuyés sur un coût de transfert variable, dépendant des caractéristiques des patients, que nous avons développé et qui quantifie la lourdeur d'un transfert. Dans cette étude, nous nous intéressons à une approche globale de l'affectation des patients dans l'unité, comme moyen de réduire le nombre de transferts de lits tout en conservant une charge de travail équilibrée entre les infirmières. La première méthode en programmation linéaire en nombres entiers a montré des résultats bien meilleurs que ceux de la pratique courante, en diminuant de 10 en moyenne le nombre de transferts pour une semaine, mais aussi en proposant des transferts 86% moins lourds, tout en permettant de conserver une charge de travail équilibrée. Le temps d'exécution de cette méthode étant parfois très long, nous avons donc également développé une heuristique. En effet, l'unité des soins intensifs pédiatriques ne recherchant pas une résolution exacte, nous avons décidé de proposer plusieurs solutions et de comparer leur performance. Cette heuristique se base sur le fonctionnement de l'affectation réalisée au CHU Sainte-Justine, mais en améliorant certains paramètres. Celle-ci a permis d'obtenir jusqu'à 8 transferts de moins sur une semaine et d'obtenir un coût de transfert plus faible de 41% en moyenne. Néanmoins, elle s'accompagne d'une dégradation de la charge de travail par rapport à la pratique courante. Les résultats restent tout de même meilleurs en globalité avec l'heuristique d'après la définition de notre fonction objectif. De plus, nous avons également pu démontrer qu'elle restait également efficace en situation d'incertitude, c'est-à-dire lorsqu'il n'était pas possible de prévoir, sur plus d'un quart, les entrées et les sorties des patients. C'est un point important pour une unité de soins intensifs, car la grande majorité de ses patients sont des patients urgents dont l'état de santé peut se dégrader rapidement. Ainsi, nous avons pu démontrer qu'en intégrant les transferts comme paramètre de décision lors de l'affection des patients, il était possible d'en diminuer le nombre et le poids, tout en conservant un bon l'équilibrage de la charge de travail.
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