Thèse de doctorat (2023)
Résumé
Les qualités chimique et microbiologique de l’eau se retrouvent altérées dans les réseaux de plomberie des grands bâtiments, notamment des établissements de santé. En parallèle, de plus en plus d’infections nosocomiales sont reliées aux systèmes d’eau ou à des équipements connectés à ces réseaux qui se retrouvent contaminés par des micro-organismes pathogènes opportunistes. L’OMS recommande depuis plusieurs années aux établissements de santé de mettre en place des plans de gestion de la sécurité sanitaire de l’eau. Ces plans comprennent une définition et évaluation du système complet, ainsi que la définition d’un plan d’échantillonnage et de surveillance de la qualité d’eau. Parmi les micro-organismes pathogènes opportunistes engendrant de plus en plus d’infections nosocomiales liées à l’eau, la bactérie Legionella pneumophila est certainement le plus étudié. Cette bactérie est responsable de la légionellose, et est souvent associée aux systèmes de distribution d’eau chaude. Les mycobactéries non tuberculeuses (NTM) sont omniprésentes dans les réseaux de plomberie et sont responsables de nombreuses formes d’infections. Vermamoeba vermiformis est une amibe souvent retrouvée dans les réseaux d’eau chaude, et pouvant servir d’hôte pour la multiplication de L. pneumophila et certaines espèces de NTM. Finalement, des infections nosocomiales dues à des champignons pathogènes sont également de plus en plus recensées. Les espèces Candida sont parmi les espèces fongiques les plus problématiques en milieu hospitalier, avec l’émergence d’espèces multi-résistantes comme Candida auris. Ces quatre micro-organismes sont adaptés pour survivre dans les réseaux de distribution d’eau et les appareils qui y sont connectés, et sont difficiles à éliminer une fois la contamination installée. L’objectif principal de ce projet de recherche est d’identifier des paramètres de conception, d’exploitation, et de maintenance des réseaux de distribution d’eau de grands bâtiments qui préviennent l’apparition ou la persistance de micro-organismes pathogènes opportunistes dans ces installations. L’emphase a été mise sur L. pneumophila, les NTM et leur hôte commun V. vermiformis pour les réseaux d’eau potable et d’eau chaude, tandis que la présence de Candida spp. a été étudiée aux points d’usage que constituent les machines à glace d’un hôpital. Plus précisément, ce projet vise à : (1) évaluer la survie de L. pneumophila dans des chauffe-eaux électriques en fonction de la phase (eau ou sédiments), du régime de chauffe et de la présence d’hôtes dans le système, (2) déterminer l’impact de plusieurs paramètres environnementaux et d’exploitation (matériaux, température, régime d’écoulement) prévenant la persistance de bactéries pathogènes opportunistes (L. pneumophila, NTM) et leur hôte V. vermiformis dans l’eau et le biofilm de réseaux d’eau froide et d’eau chaude, et (3) étudier la contamination microbienne de machines à glace en milieu hospitalier et la pertinence des recommandation actuelles concernant ces appareils.»
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