Mémoire de maîtrise (2023)
Résumé
Le "gap terahertz" constitue un espace entre les fréquences optiques et électroniques où il y avait peu de technologies développées par le passé. La spectroscopie des états fondamentaux de la matière, ainsi que des nouvelles possibilités technologiques pour la télécommunication, la sécurité et la santé ont motivé l’exploitation de techniques optiques ultrarapides pour couvrir cette section du spectre électromagnétique au cours des trente dernières années. L’échantillonnage électro-optique et la rectification optique sont deux méthodes populaires de détection et de génération, respectivement, d’ondes terahertz. Elles sont employées pour réaliser de la spectroscopie terahertz dans le temps. La rectification optique est cependant délicate à implémenter et a des limites de performances évidentes. Ces deux points sont corrigés par les émetteurs spintroniques, un nouvel outil de génération d’ondes terahertz. Dans ce projet, on améliore la sensibilité de la détection d’un dispositif spectroscopique, en exploitant la dépendance de la polarisation du champ térahertz produit par un émetteur spintronique sur l’orientation du champ magnétique dans lequel il est plongé. Pour ce faire, nous avons d’abord identifié la meilleure fréquence à laquelle moduler le champ magnétique, en caractérisant le bruit relatif en intensité du laser source dans le domaine fréquentiel. Nous avons ainsi prévu une réduction du bruit d’un facteur de 40, en passant d’une émission de THz modulée à 200Hz à une modulation à plus de 160kHz. À ces fréquences de modulation, la sensibilité de la détection est à la limite classique standard pour notre laser. Nous avons ensuite conçu une bobine Helmholtz avec un circuit doublement résonant, qui émet un champ magnétique sinusoïdal dans le temps, à une fréquence de 787kHz. Des mesures de la sensibilité ont été effectuées qui confirment nos estimations. Nous avons par la suite réalisé des mesures de détection par échantillonnage électro-optique, en utilisant un émetteur spintronique plongé dans le champ de notre bobine pour générer les ondes térahertz. Les résultats démontrent que les performances sont similaires aux mesures faites à basse fréquence de modulation. Nous avons ainsi démontré que les émetteurs spintroniques fonctionnent à des fréquences avoisinant les fréquences radio. Nous faisons aussi par là une mesure totale de la bande d’émission de l’émetteur spintronique, qui s’étend jusqu’à 32THz à la ligne de 10%. Nous avons enfin utilisé des mesures du champ émis par l’émetteur spintronique pour déduire le temps caractéristique de la diffusion électron-spin, qui est de l’ordre de 100 femtosecondes, comme trouvé dans la littérature.
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