Mémoire de maîtrise (2018)
Résumé
Le rétinoblastome (RB), qui touche environ 1 enfant sur 18 000 est le cancer infantile le plus fréquent. Il existe sous forme héréditaire, avec un risque accru de bilatéralité, ou sporadique et est lié à des mutations du gène Rb. Bien que les chances de survie soient très élevées dans les pays dits développés, il n'est pas rare que la solution finale pour l'éradication du cancer soit l'énucléation, autrement dit le retrait de l'oeil. En effet, parmi les stades de développement de la tumeur, qui nait initialement à la surface de la rétine, on compte l'essaimage de la tumeur vers la partie centrale de l'oeil, le corps vitré. Les cellules tumorales prennent alors une nature flottante et leur éradication en devient d'autant plus compliquée. Si initialement des traitements de cryothérapie et thermothérapie peuvent être utilisés, le seul traitement admissible à ce stade est la chimiothérapie intravitréenne. L'humeur vitrée, principalement composée de collagène et d'acide hyaluronique, présente une forte viscosité et rend plus difficile le ciblage des tumeurs par les médicaments. C'est ainsi que, pour éviter l'envahissement du cerveau par le nerf optique, enlever l'oeil parait une solution tout à fait préférable. Comme alternative aux traitements chimiothérapeutiques usuels, souvent lourds en effets secondaires, nous proposons ici une preuve de concept pour le traitement laser assisté par nanoparticules plasmoniques du rétinoblastome. Cette méthode présente l'avantage de produire une très forte augmentation de température hautement localisée, permettant de tuer les cellules cancéreuses sans affecter les tissus alentour. Bien que l'interaction laser-nanoparticules ait fait l'objet de beaucoup de recherche pour des applications dans le domaine médical, on ne retrouve qu'étonnamment peu de cas appliqués au traitement du cancer dans l'oeil. Les cellules Y79 utilisées pour l'étude, de par leur nature flottante, apportent de nouveaux enjeux à la démonstration in vitro. Ayant une forte tendance à former des amas cellulaires elles apportent en effet une structure tridimensionnelle à l'étude. Dans un premier temps, afin de simplifier le système étudiées les cellules seront artificiellement attachées au fond des pétris à l'aide d'un polymère. Les utilisations de deux types de lasers seront comparées, ainsi que différents paramètres tels que la fluence laser, la concentration en nanoparticules, le temps d'irradiation et le taux de re-prolifération cellulaire 18h après irradiation. Dans un deuxième temps, afin de se rapprocher des conditions réelles, un simili-vitré constitué d'acide hyaluronique et de milieu de culture cellulaire est réalisé et le traitement est mené directement sur les amas cellulaires. Nous avons ainsi pu montrer que, malgré la viscosité, les nanoparticules se rendaient jusqu'au coeur des amas. En utilisant un laser pulsé nanoseconde et des nanoparticules d'or de 100nm, nous sommes parvenus à un taux de mort cellulaire d'environ 80% pour une fluence d'irradiation de 0,2μJ/μm2 dans le simili-corps vitré.
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