Infrastructures dans le Nord du Canada : Développement routier et décarbonisation

Thomas Stringer

Thèse de doctorat (2022)

Accéder à ce document
Disponible
Libre accès au texte intégral dans PolyPublie
Texte Texte • 2MB •

Résumé

La qualité de vie des habitants du Nord canadien dépend des infrastructures qui relient ces collectivités éloignées au Sud du pays et de celles qui permettent à ces communautés de réduire leurs coûts de transport et d'énergie. Construire ces infrastructures engendre de projets massifs qui doivent être entrepris avec prudence, qu'il s'agisse de nouvelles routes, de lignes électriques ou de centrales électriques. En effet, les coûts associés à de tels projets sont immenses et leurs effets à long terme ne sont pas bien connus dans le contexte nordique. Néanmoins, une meilleure compréhension de ce que ces infrastructures généreront sur le plan socio-économique ou de leur coût peut aider les parties prenantes gouvernementales à mieux comprendre ce que les populations nordiques peuvent en retirer. Les propositions de développement des infrastructures dans le Nord du Canada gagnent du terrain sur le plan politique, notamment celle d'un corridor reliant les régions du nord de chacune des provinces du pays. Le Québec est la province la plus grande et la plus septentrionale du Canada et jouerait un rôle central dans la construction du corridor. L'analyse des phases historiques du développement du Nord québécois est crucial pour évaluer les défis à venir. La première section de cette thèse regroupe les développements des infrastructures du Québec en trois phases principales, synthétise chaque phase et les compare de manière critique au concept de Corridor nordique canadien. Aucune recherche n'a encore examiné la complémentarité du corridor avec l'historique du développement des infrastructures nordiques au Québec. Alors que les phases précédentes pouvaient être catégorisées comme des corridors de pénétration intraprovinciale reliant le nord au sud du Québec, le corridor nordique vise à développer un corridor économique interprovincial pour les provinces enclavées afin d'avoir un meilleur accès maritime. Parmi les obstacles découlant de la conciliation des développements passés avec le corridor nordique figurent l'inadéquation de l'utilisation des infrastructures existantes au Québec pour un corridor pancanadien et des trajectoires de développement différentes aux niveaux provincial et fédéral. Trois options de tracé pour le corridor nordique au Québec sont présentées dans cette étude. Plus généralement, cet article décrit les difficultés propres au développement de corridors éloignés subarctiques. Comme infrastructure essentielle de transport, la connexion routière est considérée comme un moteur important du développement économique. Cependant, pour les communautés subarctiques éloignées, cela peut également signifier un énorme changement dans leur mode de vie. Quelle est l'ampleur des avantages socio-économiques de la connexion routière ? La deuxième section de cette thèse utilise des données de recensement du Nord du Québec et du Labrador pour évaluer les effets du raccordement routier sur les municipalités raccordées entre 1986 et 2016. À l'aide d'un modèle de régression, assorti de vérifications de robustesse, nous constatons que le raccordement routier est corrélé avec une augmentation des taux d'emploi et du niveau d'instruction et une diminution du chômage. Bien que nous trouvions également des corrélations positives et significatives entre la connexion routière et le revenu dans de nombreuses spécifications, ce résultat particulier n'est pas statistiquement robuste. Dans l'ensemble, nos résultats appuient la conjecture selon laquelle le raccordement routier des municipalités éloignées génère des avantages économiques non négligeables. À l'échelle du Canada, la transition des sources d'énergie non renouvelables vers les sources d'énergie renouvelables est un thème important de la politique énergétique du gouvernement fédéral. Cependant, les investissements requis pour une telle transition sont souvent considérés comme étant assez coûteux. Au Canada, des recherches antérieures ont montré qu'une transition est économiquement plausible au niveau national. Cependant, une transition énergétique est-elle tout aussi plausible pour chacune des provinces du Canada? La troisième section de cette thèse utilise des données de simulation d'utilisation d'énergie et un modèle de coût pour évaluer les dépenses d'infrastructure pour une transition net-zéro pour chacune des dix provinces du pays d'ici 2060. En calculant les coûts pour cinq scénarios différents et en tenant compte les économies engendrées par la baisse de la consommation de combustibles fossiles après la transition, nous constatons que la plupart des provinces du Canada ont tout à gagner d'une transition énergétique pancanadienne en captant chacune des économies de combustibles fossiles. Nous constatons également qu'en général, les provinces qui produisent de l'électricité à partir de combustibles fossiles devraient bénéficier de plus d'économies après une transition que les provinces qui produisent actuellement de l'électricité à partir de sources renouvelables. Le Canada produit la majeure partie de son électricité à partir d'énergies renouvelables. Cependant, dans les communautés éloignées qui ne sont pas connectées au réseau principal du sud du Canada, la quasi-totalité des micro-réseaux dépendent des combustibles fossiles pour assurer l'approvisionnement en électricité. Combien coûterait la décarbonisation de tous ces microréseaux ? La quatrième partie de cette thèse utilise une approche basée sur les coûts couplée à un modèle d'optimisation pour trouver la solution de décarbonisation la moins coûteuse pour chaque communauté éloignée d'ici 2050. En utilisant les données de vitesse du vent et d'irradiance solaire, de même que des données sur la production future et des estimations des coûts de stockage, notre modèle détermine si l'énergie solaire ou éolienne est plus appropriée pour une communauté et à quelle période il est préférable de passer de la production de combustibles fossiles aux énergies renouvelables. Nos résultats montrent que le coût de la décarbonisation des micro-réseaux éloignés du Canada n'est pas prohibitif et quelle technologie et quelle période de mise en œuvre sont les moins chères pour chaque communauté. Nous constatons qu'en 2020, les éoliennes seraient l'option la moins chère pour la plupart des communautés, alors qu'en 2050, les panneaux solaires seraient l'option la moins chère pour la plupart des communautés. Celles qui utilisent actuellement du diesel ou du fioul lourd pour produire de l'électricité devraient envisager de se décarboniser dès que possible, tandis que celles qui utilisent du gaz naturel pourraient attendre que les technologies de production et de stockage deviennent moins chères. Les plus grandes agglomérations et les communautés accessibles par avion pourraient également être prioritaires.

Programme:
Doctorat en génie industriel
Directeurs ou directrices:
Adresse URL de PolyPublie:
Université/École:
Polytechnique Montréal
OAI:
oai:publications.polymtl.ca:10267
ORCID
Date du dépôt:
19 sept. 2022 11:08
Dernière modification:
14 oct. 2026 11:09
Citer en APA 7:
Stringer, T. (2022). Infrastructures dans le Nord du Canada : Développement routier et décarbonisation [Thèse de doctorat, Polytechnique Montréal]. PolyPublie. https://publications.polymtl.ca/10267/

Statistiques

Total des téléchargements à partir de PolyPublie

Téléchargements par année

Provenance des téléchargements

Actions réservées au personnel

Afficher document
Afficher document