Thèse de doctorat (2021)
Résumé
De plus en plus de documents de planification, au Québec et ailleurs, contiennent des objectifs relatifs à l'amélioration du partage de la rue entre ses divers usagers : piétons, cyclistes, usagers du transport collectif, automobilistes, notamment. Plusieurs démarches visent également à rétablir un équilibre entre les différentes dimensions de la rue : la rue comme lien, c'est-à-dire comme espace dédié à la mobilité, mais aussi la rue comme lieu, c'est-à-dire comme espace d'activités, ainsi que la rue comme espace accueillant des fonctions environnementales. Ce partage de l'espace de la rue est le produit d'un arbitrage politique, administratif et technique entre les divers modes, arbitrage sous-tendu par des principes implicites ou explicites d'équité. De plus, le partage de l'espace urbain est changeant : il varie selon l'heure de la journée, le jour de la semaine et la période de l'année. Toutefois, peu de méthodes d'évaluation et d'indicateurs de suivi ont été proposés pour assurer la mise en oeuvre des objectifs publics en matière de partage de la rue. Alors même que les pouvoirs publics investissent des sommes colossales dans le réaménagement des infrastructures urbaines dans le but d'en améliorer le partage, il n'existe toujours pas de mesures à grande échelle pour étudier le caractère équitable de ce partage et pour en assurer le suivi dans le temps. Quelques méthodes ont été proposées, mais toutes ces méthodes dépendent de relevés effectués sur le terrain ou encore d'une classification manuelle des surfaces à l'aide de photos satellites. Il n'existe ainsi, à l'heure actuelle, aucune méthode systématique pour effectuer le diagnostic du partage de l'espace de la rue à l'échelle d'un territoire urbain. Le partage de l'espace urbain reste donc un concept difficile à définir, à mesurer et à évaluer dans le temps.
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