Mémoire de maîtrise (2011)
Résumé
Les dernières recommandations concernant la qualité de l'eau potable favorisent l'adoption d'une approche à barrières multiples pour assurer la salubrité de l'eau potable. Cette approche vise l'évaluation de tout le système, de l'eau brute au consommateur en passant par les procédés de traitement et le réseau de distribution. L'analyse quantitative du risque microbiologique (QMRA) est utilisée dans le cadre de l'approche à barrières multiples. Cet outil permet d'estimer le risque sanitaire relié à l'exposition à des microorganismes pathogènes via l'eau potable en utilisant les données relatives à la qualité microbiologique des eaux brutes et des procédés de traitement. Le QMRA présente l'avantage d'être spécifique à l'installation étudiée. Le QMRA est de plus en plus utilisé à travers le monde. En Hollande, par exemple, la mise en oeuvre du QMRA est exigée par la réglementation en vigueur. Santé Canada a développé un modèle QMRA qui permet d'estimer le risque pour la santé humaine que représente l'exposition à 5 microorganismes pathogènes : Cryptosporidium, Giardia, rotavirus, E. coli O157:H7 et Campylobacter. Ce modèle sera offert à moyen terme aux exploitants d'installations de traitement d'eau potable. L'objectif principal du projet est d'évaluer l'applicabilité du modèle QMRA élaboré par Santé Canada. Pour ce faire, le modèle a été appliqué pour l'année 2009 à 9 installations de traitement d'eau potable de la région de Montréal : Atwater, Charles-J. Des Baillets, Pointe-Claire, Dorval, Lachine, Pierrefonds, Chomedey, Pont-Viau et Sainte-Rose. En premier lieu, la qualité microbiologique des eaux brutes de la région de Montréal a été caractérisée. Une saisonnalité est observée pour la concentration des coliformes thermotolérants - E. coli à l'eau brute. La contamination par coliformes thermotolérants - E. coli est plus faible durant la période estivale pour toutes les installations à l'exception de l'installation Atwater où une élévation est observée qui est possiblement causée par le canal de l'aqueduc. Pour une installation de traitement donnée, l'étendue des données pour la concentration de coliformes thermotolérants - E. coli varie sur 2 à 3 ordres de grandeur et ce, indépendamment du niveau de contamination moyen des eaux. Une différence de 1 à 2 log au niveau de la concentration moyenne de coliformes thermotolérants - E. coli est observée entre les différentes installations de traitement d'eau potable. La plus faible concentration est retrouvée à Charles-J. Des Baillets (6,9±9,2 UFC/100mL) et la concentration la plus élevée à Sainte-Rose (238±254 UFC/100mL).
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