Mémoire de maîtrise (2025)
Résumé
«Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS, en anglais), molécules d’origine anthropique utilisée dans un large panel d’industries depuis le milieu du XXe siècle, sont présentes unilatéralement dans l’environnement et les êtres vivants. Ces composés sont aujourd’hui un enjeu majeur de qualité des eaux à cause de leurs grandes stabilités et leurs toxicités induites sur l’environnement et l’être humain. Bien que certains PFAS soient bannis au Canada comme l’acide sulfonique perfluorooctanoïque (PFOS) et l’acide carboxylique perfluorooctanoïque (PFOA), de nouvelles substances ont été mises au point pour les remplacer et leur présence dans l’eau, les sédiments, l’air et l’être humain a été démontrée dans la littérature. Les études traitant de la contamination en PFAS des eaux de surface comme des rivières ou lacs sont nombreuses, en particulier dans des zones contaminée par des industries, des usines de traitement des eaux usées ou des mousses à filmogène aqueux (AFFF, en anglais). Très peu d’études s’intéressent à la contamination des eaux de surface dans la Région du Grand Montréal, qui abrite pourtant quatre millions d’habtitant·e·s. Ce mémoire a pour objectif de caractériser les sources de contamination des eaux de surface de l’île de Montréal, dans un contexte de protection de l’eau potable. Deux ruisseaux urbains drainant un aéroport et une zone industrielle ont été échantillonnés en 2024, ainsi qu’un parc éponge de l’île de Montréal en 2025. Ces ruisseaux se jettent dans des cours d’eau servant de prise d’eau potable. Au total 77 PFAS ont été suivis dans ces sites. Le parc éponge draine les eaux de ruissellement d’une zone résidentielle alentour. Au total, 49 PFAS ont été détectés dans ces sites avec des concentrations variant entre sous la limite de détection (LOD variait entre <0.001-3.64 ng/L) du laboratoire et un maximum de 282 ng/L (pour le 6:2 FTS). Bien que les concentrations sommées des 25 PFAS selon Santé Canada pour le parc était en moyenne sous la valeur recommandée de 30 ng/L, trois valeurs extrêmes dépassaient largement ce seuil avec des concentrations sommées de 25 PFAS excédant 86 ng/L. Pour les ruisseaux urbains la recommandation de Santé Canada était rarement respectée, ce qui était attendu d’après la littérature sur la contamination en PFAS des aéroports. Tandis que le profil de contamination du parc était similaire à celui de la région du Saint-Laurent avec une prédominance d’acides carboxyliques perfluoroalkylés (PFCAs), la contamination des ruisseaux était répartie entre des précurseurs de PFAS, des acides sulfoniques perfluoroalkylés (PFSAs) et des PFCAs. Notamment, des bétaïnes fluorotélomères (FTB) et acides sulfoniques fluorotélomères (FTS), des précurseurs, des acides perfluoroalkylés (PFAAs) comme les PFOS, PFHxS, PFPeA et PFBA dominaient la contamination des ruisseaux, indiquant une pollution de ces derniers par des AFFFs ou des industries. Pour le parc, le précurseur 6 :2 FTS était responsable des pics de concentration, soulignant une contamination ponctuelle probablement due au rejet de produits d’entretien par des habitant·e·s alentour. Le PFECHS, un composé utilisé dans les fluides hydrauliques et retrouvés dans les eaux du Saint-Laurent était mesuré dans tous les échantillons de cette étude, et de fortes concentrations allant jusqu’à 52 ng/L étaient atteintes dans une portion d’un des ruisseaux urbains.»
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