Mémoire de maîtrise (2024)
Résumé
Les astromobiles lunaires auront un rôle crucial pour le retour de l’humanité sur la Lune. En effet, l’environnement lunaire est hostile, hasardeux et dangereux pour les humains. Ainsi, envoyer des astromobiles est une solution viable pour son exploration. avec le Programme d’accélération de l’exploration lunaire (PAEL), l’Agence spatiale canadienne (ASC) supporte l’initiative de retour sur la Lune en offrant divers contrats pour développer les technologies spatiales. Un livrable de ce programme est un astromobile lunaire qui sera lancé au pôle sud de la Lune. Cette zone particulière contient des éléments de réponse en lien avec la présence d’eau et avec la formation du système solaire. Ainsi, l’envoi d’un astromobile lunaire aura des retombées scientifiques importantes tout en minimisant le danger d’exposition aux humains. Malheureusement, la planification de trajectoire pour un astromobile lunaire est difficile et complexe. Tout d’abord, la topographie de la Lune n’est pas propice à la navigation. Elle contient des pentes abruptes qui font en sorte que certaines régions ne sont pas accessibles. De plus, le mouvement relatif entre la Lune et le Soleil, et entre la Lune et la Terre génèrent des zones qui varient dans le temps sur la Lune où l’astromobile n’aura pas accès au Soleil ou à la Terre. Un astromobile lunaire devrait toujours rester dans des zones où ce dernier est exposé au Soleil pour charger ses batteries et en contact avec la Terre pour la communication de commande. Pour ce faire, des données existantes sur la topographie lunaire fournies par la National Aeronautics and Space Administration (NASA) seront utilisées. L’ASC a généré, à partir de ces données, une banque d’information sur les obstacles dynamiques représentant l’état du Soleil et de la Terre par rapport à la Lune. En combinant cette dernière avec la topographie, un modèle adéquat de l’environnement lunaire est généré. Additionnellement, l’astromobile lunaire recevra de nombreux points de cheminement à explorer avec un temps limite. Par conséquent, le problème peut être décomposé en deux étapes: premièrement, l’ordre d’exploration doit être trouvé et deuxièmement, avec cet ordre, une trajectoire faisable et sans obstacle sera générée. Le travail de ce mémoire propose un outil de planification de trajectoire pour un astromobile allant au pôle sud de la Lune en résolvant précisément ce problème. L’outil contient deux composantes: le 2-step genetic algorithm et le Multi-Directional Rapidly-exploring Random Trees (MD-RRT*). La première composante est une variante de l’algorithme génétique qui retourne un ordre d’exploration pour les points de cheminement donnés en entrée. Cette dernière maximise la pertinence scientifique de la trajectoire potentielle et minimise sa distance parcourue. La deuxième composante reprend l’ordre et s’assure qu’une trajectoire faisable existe en tenant compte des obstacles statiques et dynamiques en lien avec la topographie lunaire, l’accès au Soleil et l’accès à la Terre. Puisqu’il n’y a pas de comparatifs disponibles actuellement pour l’outil de planification, le meilleur moyen de valider ses résultats est de comparer avec des trajectoires générées manuellement par des opérateurs de l’ASC. Ces opérateurs ont planifié au meilleur de leurs habiletés et leurs résultats sont utilisés pour évaluer l’outil. En général, l’outil peut trouver des trajectoires plus courtes en termes de distance et de temps de traversée beaucoup plus rapidement que les opérateurs. De plus, ce genre de comparaison a été effectué sur différents sites lunaires, ce qui démontre le potentiel de cet outil pour des missions futures. Malgré cela, plusieurs limitations et aspects de recherche futurs sont identifiés pour améliorer la robustesse de ce planificateur pour des missions d’astromobiles plus complexes et avancées.
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