Mémoire de maîtrise (2024)
Résumé
Le bloc opératoire d’un hôpital occupe une place centrale dans le bon fonctionnement de sa structure. C’est en effet une source essentielle de revenus dans certains pays, comme un important générateur de coûts. Il est donc indispensable de se soucier de la façon dont est organisée la planification des patients au bloc opératoire afin d’en optimiser l’efficacité. Il en va de la qualité des soins prodigués et du bien-être du personnel soignant que cette planification se fasse avec la meilleure appréhension possible des aléas. Ces derniers peuvent survenir à différentes étapes du parcours de soins d’un patient : sa durée d’intervention, son besoin ou non de séjourner dans une unité postopératoire, la durée de son séjour le cas échéant, ou encore l’arrivée d’un patient urgent peu avant le début de son opération. Un emploi du temps très sensible à toutes ces incertitudes aura pour conséquence l’annulation de nombreuses interventions chirurgicales, entraînant une utilisation insuffisante des salles d’opération, des chirurgiens, des infirmières, des équipements et des autres ressources hospitalières. De plus, les annulations mènent naturellement à un mécontentement des patients concernés, mais également du personnel soignant car elles sont à l’origine d’un allongement du temps de travail et source de stress. Pour faire face à ces difficultés, ce projet propose une programmation de la planification des patients électifs au bloc opératoire ayant pour objectif de réduire le nombre d’annulations observé quotidiennement. L’optimisation du parcours de soin de ces patients vise ainsi à maximiser l’utilisation des ressources de l’hôpital tout en minimisant leur temps d’attente. Dans de nombreux cas, ce parcours comprend un séjour à l’unité chirurgicale après l’intervention. Cette unité a une capacité en lits fixe, répartis entre les différentes spécialités chirurgicales. Cela en fait une ressource critique dans la planification des patients au bloc opératoire, ce que nous proposons de prendre en compte dans notre approche. La disponibilité d’un lit à l’unité chirurgicale entre en jeu dans l’estimation des probabilités d’annulation car un patient dont le besoin en hospitalisation est connu avant son intervention ne sera pas opéré si l’on sait qu’il n’aura pas de lit à sa sortie du bloc. Cela est principalement dû aux arrivées imprévisibles de patients urgents, qui requièrent pour la plupart un lit pour une durée plus ou moins longue. C’est la raison pour laquelle notre modèle incorpore également les patients non-électifs. Enfin, une autre source d’incertitude dont nous tenons compte est la durée de séjour postopératoire des patients, électifs comme urgents. Cette dernière varie d’une spécialité à une autre et il est impossible de savoir à l’avance exactement combien de temps un lit va être occupé lorsqu’on l’assigne à un patient. Notre travail comporte deux modèles : un modèle de référence, servant de base dans nos comparaisons, et un modèle modifié qui constitue notre contribution. La planification se fait sur un horizon d’un mois dans les deux cas. Dans le modèle de référence, nous nous appuyons sur les durées moyennes de séjour propres à chaque spécialité chirurgicale. Pour chaque patient de la liste d’attente que l’on désire assigner à un créneau dans une salle d’opération, nous regardons si ce dernier aura besoin d’un lit à l’unité chirurgicale et, le cas échéant, s’il y a effectivement une place dans sa spécialité durant la durée estimée de son séjour. Si nous anticipons que le nombre de lits disponibles est insuffisant pour répondre à son besoin, et à ceux des autres patients, le patient n’est pas programmé sur ce créneau dans cette salle. L’objectif du modèle de référence est de maximiser l’utilisation des salles, tout en favorisant les patients se trouvant sur liste d’attente depuis longtemps, et la somme des durées de séjour à l’unité chirurgicale. Dans le modèle modifié, nous souhaitons faire apparaître plus finement les aléas liés aux arrivées urgentes et à la fluctuation des durées de séjour. Nous avons commencé par effectuer des simulations d’arrivées d’urgences et de durées de séjour aléatoires sur des emplois du temps générés par le modèle de référence. Cela nous a procuré une importante quantité de données sur les annulations quotidiennes potentiellement risquées par chaque emploi du temps. Un arbre de décision entrainé sur ces données nous permet d’obtenir un modèle de prédiction prenant en entrée un emploi du temps et renvoyant le nombre d’annulations qu’il risque d’engendrer. Le modèle modifié est créé en intégrant dans le modèle de programmation linéaire de référence, à l’aide de nouvelles contraintes limitant les risques d’annulations, le prédicteur généré par apprentissage automatique. Lorsque nous comparons les emplois du temps obtenus par les deux modèles à partir d’une même liste d’attente, nous observons que les indicateurs de performance sont très similaires mais la seconde approche a effectivement permis de réduire le nombre de patients annulés que prédit une simulation.
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