Comprendre l'impact de l'impuissance apprise : une perspective individuelle et organisationnelle grâce à l'usage de l'IRM fonctionnelle

Pierre Lechat

Mémoire de maîtrise (2024)

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Résumé

En entreprise, les employés sont sujets à des processus de prise de décisions et de résolution de problèmes dans chaque étape des missions qu’ils sont amenés à faire. Ces phénomènes cognitifs résultent de processus internes complexes suscitant des émotions et faisant intervenir de multiples zones du cerveau. Ces processus peuvent être affectés par de multiples biais et expériences passées qui vont venir affecter la prise de décision et l’efficacité à la résolution de problèmes futurs. Un des phénomènes ayant un impact sur ce circuit de la décision est l’impuissance apprise (IA) qui apparaît lorsqu’un individu vit une expérience où il est inexorablement mis en échec. Ainsi l’individu anticipe constamment l’échec et se crée la croyance de son impuissance. Cette impossibilité de s’en sortir affecte négativement le circuit de la prise de décision ainsi que la capacité à résoudre adéquatement les problèmes. Ces aptitudes étant employées dans des domaines autres que celui de la situation impossible, les altérations peuvent présenter des conséquences dans une panoplie variée de situation de la vie courante. Il est alors à noter que ce phénomène d’IA, induit des comportements qui présentent des ressemblances avec les symptômes de traumatismes. Il a notamment été montré qu’une personne traumatisée à une connectivité fonctionnelle entre plusieurs régions du cerveau différente en état de repos que des personnes sans traumatisme. L’enjeu est donc de savoir si à la suite d’une expérience d’IA, la connectivité fonctionnelle du participant en état de repos peut être altérée. En effet, une altération de la connectivité fonctionnelle peut aussi être observée chez les personnes traumatisées. Finalement, cette recherche s’inscrit dans un questionnement visant à savoir si l’IA répétée provoque chez un individu une altération de la connectivité fonctionnelle, nécessitant alors de manière urgente une révision des pratiques de gestion. Afin de simuler cette situation, une expérience d’IA, légère a été recréée en laboratoire et les sujets ont été placés dans un scanner à imagerie par résonance magnétique (IRM) afin de voir l’impact de cette situation sur leurs cerveaux. Il s’agit d’une duperie expérimentale afin de placer des participants dans une situation impossible alors qu’il leur est annoncé et renforcé que ça l’est. L’expérience consiste en la réalisation d’une série d’anagrammes. Pour un groupe de participants dit de contrôle, toutes les anagrammes sont réalisables. Pour un autre groupe de participants dit de test une série d’anagrammes sont impossibles bien qu’il leur soit affirmé le contraire. 14 participants ont été requis pour cette expérience. Ces deux groupes ont été placés dans un scanner IRM afin de mesurer le signal d’oxygénation de leur sang appelé en anglais « Blood-Oxygen-Level-Dependent » (BOLD). De plus, le signal électrodermal a été capturé lors des séances afin de quantifier la réponse émotionnelle au test dans les groupes. Enfin, chaque sujet a réalisé avant la séance un test OCEAN (acronyme des axes de personnalité quantifiée par l’Ouverture d’esprit, la Conscienciosité, l’Extraversion, l’Agréabilité et le Névrotisme) quantifiant leur personnalité selon plusieurs variables de contrôle. L’étude a montré que le temps moyen de résolution s’est révélé plus long significativement (presque deux fois plus) dans le groupe d’IA que dans le groupe contrôle. Le test OCEAN a montré que le trait du névrotisme est positivement corrélé à l’augmentation du temps de réponse chez les participants et augmente ainsi les conséquences de l’IA. En ce qui concerne l’activité cérébrale, l’analyse globale du cerveau des participants du groupe contrôle a révélé que l’activation d’une partie du DRN est corrélée avec la résolution de tâche (z > 1.8, correction sur les clusters de voxels à p < 0.01)1 comme le suggérait les travaux de Maier et Seligman. Par ailleurs, le DRN dans le groupe d’IA comprenait plusieurs voxels ayant des z-statistiques élevés (z > 3.75, correction sur les clusters de voxels à p < 0.1). Enfin, une analyse complète du cerveau des participants en phase de repos a révélé des différences significatives dans la connectivité avec une régions du DMN, le précuneus cingulate cortex (PCC). Des études postérieures devront s’intéresser plus en détail sur les régions et les fonctions précises altérées en état de repos après l’expérience d’IA. Mots-clés : Impuissance apprise, traumatisme, IRMf, signal électrodermale, test OCEAN, DRN, DMS.

Programme:
Maîtrise recherche en génie industriel
Directeurs ou directrices:
Adresse URL de PolyPublie:
Université/École:
Polytechnique Montréal
OAI:
oai:publications.polymtl.ca:57726
ORCID
Date du dépôt:
17 juil. 2024 13:59
Dernière modification:
14 oct. 2026 14:17
Citer en APA 7:
Lechat, P. (2024). Comprendre l'impact de l'impuissance apprise : une perspective individuelle et organisationnelle grâce à l'usage de l'IRM fonctionnelle [Mémoire de maîtrise, Polytechnique Montréal]. PolyPublie. https://publications.polymtl.ca/57726/

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