Thèse de doctorat (2020)
Résumé
Le givrage atmosphérique est un problème difficile pour l'exploitation et la sécurité des aéronefs. Il se produit en vol lorsque des nuages de micrométriques gouttelettes d'eau en surfusion percutent et gèlent sur les surfaces exposées, entrainant diverses défaillances et pertes d'efficacité. Ces gouttelettes, dans une phase liquide instable, possèdent des diamètres de l'ordre de 10 à 50 micromètres, peuvent être refroidies à des températures inférieures à moins 20 C et percuter à des vitesses de dizaines de mètres par seconde. Les systèmes actuels de protection contre la glace reposent sur des technologies telles que des éléments chauffants ou des fluides de dégivrages. Ils sont énergivores, toxiques et peu fiables dans des conditions sévères. Récemment, le développement de surfaces dites glaciophobes a attiré l'attention pour exploiter leurs potentielles propriétés afin d'empêcher l'accumulation de glace, de faciliter le déglaçage ou d'améliorer le dégivrage thermique. Parmi ces surfaces, les revêtements superhydrophobes, qui combinent des matériaux à faible énergie de surface et une rugosité de surface élevée, ont été proposés en raison de leur résistance à l'eau exceptionnelle. Il a été démontré que ces surfaces hydrophobes conservent leurs propriétés dans certaines conditions de givrage, affichant une faible adhérence à la glace, une répulsion des gouttes dans des environnements glacials ou facilitant la fonte et l'élimination de la glace. Cependant, l'adoption de surfaces glaciophobes pour des applications aérospatiales est entravée par un manque de connaissance de leur performance dans des conditions environnementales réalistes. Les conditions de givrage des aéronefs nécessitent des installations dédiées d'essai en soufflerie givrante pour reproduire un environnement atmosphérique réaliste. Le comportement de mouillage et de glaciophobicité des revêtements superhydrophobes sous l'effet combiné de microgouttelettes, de températures glaciales et d'une vitesse d'impact élevée est encore largement inexploré. Par conséquent, l'objectif de cette thèse est d'étudier le rôle de la mouillabilité et de la superhydrophobicité sur la glaciophobicité de surfaces spécifiquement modifiées dans des conditions de givrage de microgouttelettes en surfusion telles que subies en vol. L'essentiel du travail expérimental a été réalisé sur une soufflerie de givre à petite échelle capable de reproduire des conditions de givrage quasi réalistes nécessaires pour tester la glaciophobicité des surfaces fabriquées. Nous avons étudié l'influence de la mouillabilité et de la rugosité de surface en examinant successivement la dynamique d'impact des gouttelettes, la cinétique de croissance de la glace et le comportement des surfaces nanotexturées.Abstract
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