Thèse de doctorat (2010)
Résumé
Actuellement, dans le domaine de la chirurgie orthopédique, un des plus grands défis est la régénération du cartilage dans les lésions articulaires focalisées. Les procédures de stimulation de la moelle osseuse telles la technique de microfracture utilisant des pics ou une microperceuse pour perforer l'os sous-chondral sont utilisées afin d'induire la formation d'un caillot sanguin à la surface du cartilage. Toutefois, le cartilage obtenu est plutôt de type fibreux ou fibrocartilagineux. Afin de stabiliser le caillot sanguin et de guider les processus de réparation, notre laboratoire a développé un implant novateur biohybride composé d'un mélange de sang autologue et d'un biomatériau le chitosane, qui est obtenu à partir de la déacétylation partielle de la chitine, un polymère naturel extrait de la carapace des crustacés. Le chitosane, en plus d'être biocompatible et biodégradable, est depuis longtemps connu pour ses propriétés hémostatiques et ses propriétés favorisant la guérison tissulaire. Le mélange homogène de sang autologue et des solutions de chitosane-glycérol phosphate (chitosane-GP) se solidifient normalement et forment un caillot où la morphologie des érythrocytes est normale ainsi que la structure du réseau des fibres de fibrine qui est entremêlée avec le chitosane. Les caillots hybrides de chitosane résistent mieux à la rétraction naturelle induite par les plaquettes et demeurent ainsi plus volumineux, fermes et élastiques. Cliniquement, il a été observé que l'implant chitosane nécessite 15 minutes pour se solidifier suite à sa déposition à la surface de la lésion chez l'humain. L'accélération de la solidification de l'implant chitosane-GP/sang pourrait faciliter le traitement de grandes lésions ou de lésions problématiques comportant des surfaces courbées et où la lésion n'est pas parfaitement entourée par une bordure et pourrait aussi diminuer le temps de chirurgie. Face à cette situation où une solidification in situ plus rapide et mieux contrôlée serait préférable, ceci nous a menés à étudier la possibilité d'accélérer la solidification de l'implant via l'utilisation de facteurs de coagulation incluant la thrombine (IIa), le facteur tissulaire (TF) et le facteur humain recombinant VIIa (rhFVIIa). Le choix de ces facteurs a été inspiré par le fait qu'ils sont déjà utilisés dans d'autres contextes cliniques et sont reconnus pour leurs effets positifs sur la guérison. Cependant, les mécanismes de solidification avec et sans facteurs de coagulation sont inconnus de même que l'effet à long terme de la présence de ces facteurs de coagulation sur la réparation du cartilage et de l'os sous-chondral.
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