Thèse de doctorat (2015)
Résumé
La masse thermique d'un bâtiment est un paramètre-clé qui détermine la capacité d'un bâtiment à atténuer les variations de température en son sein et d'assurer ainsi un meilleur confort thermique aux occupants. Afin d'augmenter l'inertie thermique de bâtiments à structure légère, des matériaux à changement de phase (MCP) peuvent être utilisés. Ces matériaux offrent en effet une haute capacité de stockage d'énergie (notamment sous forme latente) et un changement de phase à température quasiment constante. Ils s'intègrent aussi parfaitement dans des projets de bâtiments à consommation énergétique nette nulle. L'intérêt actuel pour ceux-ci et pour de meilleures stratégies de gestion de l'appel de puissance requiert des outils capables de simuler des bâtiments hautement isolés possédant une masse thermique importante avec des pas de temps courts (inférieur ou égal à 5 minutes). Ceci représente un défi majeur pour les programmes actuels de simulation énergétique des bâtiments qui ont été développé initialement pour réaliser des calculs horaires. Le modèle de bâtiment utilisé dans le programme TRNSYS présente notamment certains problèmes dans ces circonstances. L'origine de ces problèmes provient de la méthode utilisée pour modéliser la conduction thermique dans les murs. Il s'agit de la méthode des fonctions de transfert. Pour un mur hautement isolé et lourd, la méthode est incapable de générer, pour un pas de temps court, les coefficients supposés représenter la réponse thermique du mur en question. De plus, cette méthode ne permet pas de définir des couches avec des propriétés thermophysiques variables, tels qu'affichés par des MCP. La modélisation de ces MCP est en outre limitée par les informations rendues disponibles par les manufacturiers, qui sont souvent incomplètes ou erronées. Finalement, les modèles actuels simulant des MCP dans les murs ne permettent pas de représenter toute leur complexité. Ceux-ci différencient rarement les processus de fusion et de solidification (hystérèse), prennent en compte occasionnellement la conductivité thermique variable et ne modélisent jamais le sous-refroidissement. Toutes ces problématiques sont soulevées dans cette thèse et des solutions sont proposées. La première partie (chapitre 4) traite de l'amélioration de la méthode des fonctions de transfert dans TRNSYS grâce à l'utilisation d'un modèle d'état qui permet de diminuer significativement les pas de temps utilisés. La résolution entière de cette problématique est ensuite atteinte en couplant dans TRNSYS un modèle de mur utilisant la méthode aux différences finies à la méthode des fonctions de transfert (chapitre 5).
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