Mémoire de maîtrise (2014)
Résumé
Les douleurs au dos sont un problème de santé publique majeur. En effet, c'est la deuxième cause la plus fréquente de consultation d'un médecin. La jonction sacro-iliaque est reconnue comme étant une des sources de ces douleurs dans 10 à 30% des cas. Les pathologies qui en sont responsables sont principalement dégénératives (sacro-ilites). Après échec de méthodes plus conservatives (physiothérapie, dénervation, infiltration), l'arthrodèse de la jonction sacro-iliaque est le dernier recours de traitement pour les patients souffrant de telles pathologies. Cette procédure vise à réduire les déplacements intra-articulaires pour permettre à l'os de se former entre les deux facettes de l'articulation afin de la rigidifier entièrement. Plus ces déplacements sont faibles, meilleure et plus rapide sera l'arthrodèse. Traditionnellement, cette chirurgie était pratiquée de manière ouverte, et donc invasive, ce qui rendait peu de patients éligibles à une telle procédure. Cependant, depuis une dizaine d'années, de nouveaux types de dispositifs d'arthrodèse sont apparus. Ils sont canulés afin de permettre une chirurgie percutanée, beaucoup moins invasive, ce qui tend à la rendre plus accessible. Leur surface et leur forme ont également été conçues pour favoriser la croissance osseuse et l'ostéointégration du dispositif. La jonction sacro-iliaque est une articulation complexe, comportant à la fois des caractéristiques d'une diarthrose (présence de cartilage hyalin) dans sa partie proximale et d'une synarthrose (présence de fibrocartilage) dans sa partie distale. Ses déplacements sont très limités, quelques millimètres en translation et quelques degrés en rotation, ce qui les rend difficiles à caractériser et mesurer. Ceci est accentué par sa position profonde qui complique son accès et son observation, même avec les techniques d'imagerie les plus récentes. Elle assure la transmission des forces entre la partie supérieure du corps et les membres inférieurs, et supporte donc des efforts importants. En cas de dysfonctionnement de la jonction sacro-iliaque (JSI), ses mouvements se révèlent particulièrement douloureux, ce qui nécessite finalement la fusion de l'articulation. Peu d'études biomécaniques sont à la disposition des chirurgiens pour juger de l'action et de l'efficacité des implants à fusionner l'articulation. À court et moyen termes, l'os n'ayant pas encore pu se développer entre les surfaces condylaires, la réduction du déplacement est entièrement assurée par l'implant, dont les effets sont encore méconnus.
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