Mémoire de maîtrise (2013)
Résumé
Chaque année, le virus de l'influenza est responsable d'un grand nombre de maladies et décès. Aux vues de la fréquence élevée de mutation du virus, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est en alerte permanente afin de répondre rapidement à toute émergence d'une souche pandémique. Bien que des thérapies anti-virales existent, la méthode la plus efficace contre toute propagation de la maladie est la vaccination. La majorité des vaccins disponibles sur le marché sont produits dans des oeufs et sont composés d'antigènes viraux purifiés séparés des virus entiers inactifs. Le système de production n'est cependant pas adapté à une situation de pandémie, la capacité étant limitée à une dose de vaccin par oeuf. Aussi, l'intervalle de 6 mois entre l'identification de la souche virale et la production du vaccin est trop longue pour envisager répondre de manière adéquate à la case l'émergence d'une pandémie. Pour ces raisons, les procédés de production de virus par culture cellulaire peuvent permettre de répondre de manière adéquate à une pandémie potentielle. Récemment, la Food and Drug Administration (FDA) a approuvé deux vaccins produits par culture cellulaire, le premier étant produit dans des cellules de mammifère tandis que le second est produit de manière recombinante dans des cellules d'insecte. Les vaccins à base de particules pseudo-virales (PPVs) représentent une des approches les plus prometteuses afin de répondre à la menace constante de l'apparition de souches pandémiques. Les PPVs sont des particules produites en culture cellulaire de manière recombinante et qui sont composées d'antigènes viraux capables d'induire une réponse immunitaire, bien que ces particules soient dénuées de matériel génétique viral. Alors que la plupart des travaux effectués sur les PPVs de l'influenza se sont concentrés sur les aspects immunologiques, peu d'études se sont attachées au procédé de production lui-même, et en particulier à son adaptation à une production industrielle. Une autre difficulté résulte du fait que les chercheurs ont jusqu'à présent utilisé des méthodes standards de quantification du virus de l'influenza afin de caractériser les vaccins potentiels, ces méthodes étant compatibles pour la quantification d'échantillons purifiés. Elles ne sont pas compatibles, cependant, avec l'analyse d'échantillons durant le procédé de production. C'est une des raisons pour lesquelles l'étude du procédé de production lui-même reste à accomplir. viii Les études précédentes sur les PPVs de l'influenza ont été principalement effectuées dans des cellules d'insecte en utilisant le système d'expression du baculovirus (BEVS). Ces études ont également démontré une contamination par le baculovirus recombinant. Cependant, il a été également démontré que le baculovirus comprenant des promoteurs de mammifères (Bacmam) est capable de transduire de manière efficace des cellules de mammifères et d'exprimer ultérieurement des gènes sous le contrôle de promoteurs de mammifères. Un tel baculovirus est ainsi incapable de se répliquer, ce qui réprime de manière efficace la production contaminante de baculovirus. Afin de remédier à une possible contamination par le baculovirus, la production de PPVs a été effectuée dans des cellules HEK 293 cultivées en suspension en utilisant le système Bacmam. Le système fut évalué pour sa capacité de production PPVs de l'influenza composées d'hémaglutinine (HA), de neuraminidase (NA) ainsi que de protéines matricielles (M1). Ces PPVs ont ensuite été comparées à des PPVs produites dans ces cellules Sf9. Les PPVs des deux systèmes ont été caractérisées avec les méthodes de quantification présentement disponibles : test SRID (single radial immunodiffusion assay), test d'hémagglutination, microscopie électronique en coloration négative et western blot. Les PPVs étaient présents dans le culot ainsi que dans le surnageant dans la production pour les cellules HEK 293. Dans les cellules Sf9, la production de PPVs était 1.5 log plus importante que dans les cellules HEK 293. Les PPVs produites dans les cellules Sf9 avaient une activité totale HA plus importante et étaient de manière générale plus homogènes en termes de morphologie et taille. Cependant, les PPVs produites dans les cellules Sf9 contiennent 20 fois plus de baculovirus que de PPVs, ce qui peut contribuer à l'activité détectée dans les tests HA et SRID. Cette conclusion doit être prise en compte au cours du développement du procédé de production. Cette étude démontre les avantages du système de baculovirus pour la production de PPVs dans les cellules d'insecte par rapport à de la production dans les cellules HEK 293. Cette étude démontre également qu'une purification du baculovirus contaminant est également nécessaire avant de pouvoir considérer ces PPVs comme des vaccins potentiels.
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